Les lecteurs de l'article de Jean-Paul Delahaye N° 325 novembre 2004 de la revue Pour la Science et aussi de l'article N° 329 mars 2005, « La délicate géométrie du carré », trouveront ici des compléments sur les pavages rythmiques parfaits.
Les suites finies de nombres que vous pouvez voir dans ces pages sont des généralisations de celles du norvégien Thoralf Skolem (construites en 1957 pour obtenir des systèmes triples cycliques de Steiner) et de celles de l'écossais Dudley Langford à la même époque (des puzzles).
À la page d'introduction, vous pourrez voir et construire des suites de Skolem (à l'aide de paires), des systèmes de Skolem, des systèmes de différences et des systèmes triples de Steiner d'ordre 6n+1.
De nombreuses inconnues subsistent, ainsi personne n'a été capable de construire des séquences à partir de quintuplets ou plus, ni même de montrer leur existence ou de la réfuter. Le tableau de la page suivante montre qu'il n'en existe pas pour k=5 et n<28 (recherches personnelles par ordinateur).
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Premier exemple de pavage rythmique parfait
Les 24 billes de l'image ci-dessus sont de 8 couleurs différentes.
Chaque couleur se retrouve sur 3 billes
Les trois billes d'une même couleur sont régulièrement espacées : la distance entre la première et la deuxième est égale à la distance entre la deuxième et la troisième bille. (Les billes rouges de l'image sont espacées de 2, les jaunes de 3 et les mauves de 7 etc.)
Deux groupes de deux couleurs différentes n'utilisent pas les mêmes écartements.
Définition
Un pavage rythmique parfait d'ordre k et de dimension n est
une suite finie de k*n termes entiers telle que
chaque entier de 0 à n-1 inclus est égal à exactement k termes de la suite,
les rangs de ces k termes égaux forment une progression arithmétique les raisons de ces progressions sont toutes différentes.
On peut aussi le définir comme une partition des premiers k*n naturels en n parties de k éléments régulièrement espacés, de raisons ou espacements tous différents.
Notations
Suite d'entiers
L'image ci-dessus représente un pavage rythmique parfait d'ordre 3 et de dimension 8 que l'on peut écrire :
(0, 1, 2, 3, 4, 3, 5, 3, 0, 4, 1, 6, 2, 5, 4, 7, 0, 6, 7, 1, 5, 7, 2, 6)
qui est une suite finie de 3*8 = 24 entiers compris entre 0 et 7 (mis à la place des huit couleurs de la figure).
On pourrait sans inconvénient utiliser les lettres de l'alphabet pour écrire le même pavage :
A B C D E D F D A E B G C F E H A G H B F H C G
Partition
En relevant les positions dans le pavage d'un même terme on obtient une partition de {0, 1, ..., 23} par les huit sous-ensembles :
{0, 8, 16}, {1, 10, 19}, {2, 12, 22}, {3, 5, 7}, {4, 9, 14}, {6, 13, 20}, {11, 17, 23}, {15, 18, 21}
Rangés dans l'ordre croissant, les éléments de chaque ensemble forment une suite arithmétique (voir ci-dessous).
Suites arithmétiques
On pourrait donc aussi bien écrire les les progressions arithmétiques suivantes :
(0, 8, 16), (1, 10, 19), (2, 12, 22), (3, 5, 7), (4, 9, 14), (6, 13, 20), (11, 17, 23), (15, 18, 21)
La première progression (0, 8, 16)
donne les trois positions du nombre 0 (ou de la lettre A) dans le pavage. De même (3, 5, 7) donne les positions du nombre 3 (ou de la lettre D).
On vérifie que la suite croissante 3, 5, 7 est une progression arithmétique de trois termes en calculant les différences 5-3 et 7-5, toutes deux égales à la valeur 2 qui est la raison de cette progression.
Les raisons des huit progressions sont, dans l'ordre, 8, 9, 10, 2, 5, 7, 6, 3, elles sont toutes différentes. Il suffit de connaître ces huit nombres, dans l'ordre, (et la longueur des progressions) pour reconstituer le pavage.
Lorsque k=2, la suite A060963 de N.J.A. Sloane donne les nombre de partitions des 2n premiers naturels, c.-à-d. des p. r. p. d'ordre 2 jusqu'à n=6.
On peut prolonger cette suite en calculant les termes jusqu'au rang n=13 :
1, 1, 5, 29, 145, 957, 8397, 85169, 944221, 11639417, 160699437, 2430145085, 39776366397
(les 39776366397 pavages de rang 13 ont effectivement été construits par le programme, ce qui a pris un certain temps !)
On peut bien évidemment construire des pavages de dimensions n bien plus élevées. Le petit morceau de musique ci-dessous correspond à n=508. Chacune de ses 508 combinaisons de 3 notes (trois voix) est joué deux fois à des intervalles de temps tous différents.
Un autre mode de représentation des pavages rythmiques utilise des segments de droites et permet d'illustrer la définition par les propriétés géométriques de la figure obtenue.
Sur cette figure, les quatre lignes horizontales coupent les vingt-trois segments en quatre points (deux extrémités et deux points intermédiaires). Les abscisses des quatre points d'intersections donnent les quadruplets d'un pavage rythmique parfait d'ordre 4.
On vérifie assez facilement que :
Les quadruplets sont en progression arithmétique car les quatre droites horizontales sont régulièrement espacées.
Les raisons des progressions arithmétiques sont toutes diffférentes car les orientations sont toutes distinctes.
Tous les naturels plus petits que k*n = 4*24 se trouvent dans une progression unique, on peut en effet vérifier sur la figure que deux points d'intersection ne sont jamais à la verticale l'un de l'autre.
De n=2 jusqu'à n=27, il n'y a pas de pavage rythmique parfait par des quintuplets.
Quelques essais, utilisant diverses méthodes et en particulier des algorithmes de recherche de cliques (voir plus loin), n'ont pas permis pour l'instant d'obtenir de pavages rythmiques parfaits d'ordres 5 ou plus.
Liens
Pour la Science Articles de Jean-Paul Delahaye dans les numéros de novembre 2004 et de mars 2005. (Pour la Science est l'édition française de Scientific American).
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